Cap au Nord

 



 


De Sedan dans les Ardennes à Sorbais dans l’Aisne, via Charleville, ce sont 7 étapes, 180kms sur les GR 354 et 122, à travers le plateau crayeux du Nord de la Champagne et le bocage de la Thiérache. Déjà 965 kms parcourus en 41 journées de randonnée sur le Tour de France à pied par les GR. Les villages sont toujours aussi vides d’activités pour la plupart, et la campagne est silencieuse. Ce silence de la campagne d’aujourd’hui m’impressionne. Ce n’est pas le vide, tout est cultivé, les villages habités, et souvent jolis, mais pas de vaches qui meuglent, pas de chiens qui leur aboient après vu qu’elles sont en étables, pas de basse cour, donc pas de caquètements et de coqs chantant, peu d’exploitations, elles sont si grandes, donc peu de mouvements de tracteurs ou d’engins, même les éoliennes, contrairement aux idées reçues, sont silencieuses. Comme souvent, ce que l’on ressent n’est jamais une vérité absolue, et la Thiérache, pays de bocage où les bêtes pâturent pour satisfaire aux exigences de l’AOP Maroilles, m’a fait retrouver des viellles images de la campagne d’antan.

Un peu d’Histoire….

Dans beaucoup de villages de la Thiérache, qui s’étend sur l’Ouest des Ardennes et le Nord de l’Aisne, on trouve des églises fortifiées. Elles datent pour la plupart des XVième et XVIème siècles, à une époque où cette région faisait frontière entre la France et les Pays Bas espagnols, puis fut le théâtre de terribles affrontements pendant les guerres de Religion ( Guise, la ville des Ducs de…. est là, entre autres ). Alors que les bandes de soudards de Charles Quint, puis les fanatiques des deux camps religieux, ravageaient la région, les communautés villageoises  n’avaient pas la protection de seigneurs, peu nombreux par ici, et se trouvaient donc à la merci des exactions, sans hommes d’épée pour les défendre. Ils ont donc, avec une grande maitrise de l’art défensif, bâti des églises fortifiées, véritables petits châteaux forts avec donjon et tourelles, dans lesquelles les habitants se rassemblaient en attendant que ça se passe. Il y a plus de 60 édifices dans la région.

Les bistrots…….

Ils se font rares, et si c’est très ennuyeux pour les buveurs, de vin, de bière, de pastis, de tout ce que l’on peut imaginer et quel que soit le degré, ça l’est tout autant pour le sobre randonneur que je suis. Je ne compte plus les villages où l’on vous dit, un café? il y a longtemps qu’on en a plus, y’en a eu trois à une époque, le dernier a fermé y a pas longtemps ( le pire à entendre). Je ne saurais dire si c’est parce que les buveurs sont plus nombreux ou les villages  plus gros , ou les deux à la fois, mais depuis 6/7 jours, le désert s’est parsemé d’oasis. Le record est à Signy l’Abbaye où il y a trois établissements, dont le Café du Pont où je  suis resté deux heures, trois consommations, une offerte par mon voisin de table, une par le patron. C’était samedi midi, une ambiance conviviale, tout le monde se connaît, un billard, et même un juke box. Si, si, la preuve dans la vidéo ( cliquez sur le lien)

Café du Pont


Les clochers……



Joseph……

Ah Joseph, un Hollandais installé à Grandchamp, à la ferme des Quatre Mains, depuis plus de vingt ans, et qui fait chambre d’hôtes.

Joseph est une sorte d’anar libertaire, qui t’explique que nous sommes dans une servilité consentie, que nous acceptons docilement de verser la moitié de ce que nous produisons à l’Etat qui est lui même au service des grandes sociétés, vous voyez le genre, et qu’ils suffirait que les citoyens disent stop, ça suffit, pour que tout ce cirque s’arrête. On n’a pas besoin de tant, le seul objectif est d’être libre et de décider pour soi même et par soi même, et d’ailleurs c’est ce qu’il fait. Sa ferme ne fait que trois hectares, mais il a appris dans le Larousse agricole de 1921 les techniques ancestrales, et accessoirement le Français, Il s’est également initié à la permaculture qui permet de régénérer les sols au lieu de les détruire, il n’utilise aucun intrant, produit tout ce dont il a besoin pour lui et ses trois cents hôtes annuels, et pourrait même nourrir le village entier, mais les gens préfèrent acheter ailleurs, et que le seul paysan du village avec ses sept cents hectares, il est endetté jusqu’au cou avec le Crédit Agricole, alors que lui, Joseph, il ne doit rien à personne. Je t’assure Bernard, au lieu de nous « poisonner » avec toute leur chimie, si tout le monde faisait comme moi , on nourrirait trois planètes. Oui, d’accord Joseph, mais……..Quels mais, regarde ce que j’ai fait ici, donc c’est possible. Bon, Joseph, je vais aller dormir.

 


7 réponses sur “Cap au Nord”

  1. Merci a Bernard et tous pour ‘les fleurs’ avec votre commentaires , pour notre travaille, pour soigner pour notre Mère Terre.
    Mais comme population nous somme cuit, emmerder par les grand entreprises que n’a jamais suffit.
    Que voulant possédé tout notre planète.
    Mais le secret est pour partager car tous est de nous.
    L’argent et possession sont des choses phantome, a votre dernier jour tous de ça reste sur le planète, sauf votre esprit.
    Une monde mieux commence chez nous même, nous somme des architectes de nos vies.
    Et ça est souvent oublier…

    Reste Humaine

    Joseph.

    http://www.fermequatremains.com

  2. Bernard ,
    Comme quoi, les monuments au charme incomparable que sont les  » Larousse anciens »agricoles ou autres thèmes sont toujours d’actualité !
    Si les deux instituteurs anticléricaux bourguignons Pierre Larousse et Augustin Boyer créateurs du fameux dictionnaire au pissenlit
    « Je sème à tout vent » avaient su que Joseph avait puisé une partie de sa science dans un larousse, certainement ils auraient été très fiers .

  3. Bonjour Bernard, je me régale de vos commentaires sur les villages où il n’y a pas âme qui vive! Oui, le monde rural a beaucoup changé, ainsi dans mon village natal à deux lieues de chez l’aubergiste de Méloménil, il y avait des paysans, des hommes qui façonnaient le paysage, petit propriétaires de quelques hectares de terre,quatre vaches laitières à l’écurie et un ou deux chevaux pour tracter la charrue ou le chariot. De plus , il y avait deux cafés, deux épiceries, un atelier de confection, le village était animé. Aujourd’hui, plus de commerces, les terres sont toujours présentes si leurs propriétaires ont disparu, mais elles ont subi le modernisme sous forme d’une destruction systématique du paysage qu’on appelle pompeusement , elles sont, aujourd’hui, partagées entre deux grands exploitants et comme le dit si bien Joseph, ils sont jugulés par le Crédit Agricole. Les chiens, coqs, poules et dindons sont exclus du paysage. Quelques personnes âgées produisent encore un carré de salade, les jeunes couples , absents toute la journée pour raisons professionnelles, ont leur jardin sur l’étal du Leclerc!! Pas besoin de se baisser pour récolter, ça pousse tout seul ! Eh bien Bernard, bon courage pour les jours prochains. Pierre.

    1. Salut Bernard ,
      Tudevais te dire , ils m’ont déja oublié .
      Eh bien non ! Sache que nous lisons toujours ton blog avec toujours le plus grand intérêt .
      Tes photos de clochers et les commentaires qui s’y rattachent
      sont superbes . C’était une bonne idée .
      Parallèlement, tu pourrais également t’intéresser aux bistrots ,haut lieu social à l’image des clochers ,souvent à leurs pieds . Les deux étant de moins en moins fréquentés, voir désacralisés !
      Tiens bon, cap sur les 2000 km.
      Entendu sur France-inter ce matin « il vaut mieux marcher seul qu’avec des amis car à la fin du voyage , tu t’en serais fait des ennemis  » ou quelque chose comme celà .
      Selon Jacques Lanzmann ( passionné de marche) ou Stevenson ?
      Ce qui est sûr pour J.Lanzmann c’est sa devise : « Si tu veux te trouver, commence par te perdre » .
      En ce qui me concerne je me trouve aux thermes d’Allevard !
      A bientôt , bonne route .

      1. Salut Bernard ,
        Tudevais te dire , ils m’ont déja oublié .
        Eh bien non ! Sache que nous lisons toujours ton blog avec toujours le plus grand intérêt .
        Tes photos de clochers et les commentaires qui s’y rattachent
        sont superbes . C’était une bonne idée .
        Parallèlement, tu pourrais également t’intéresser aux bistrots ,haut lieu social à l’image des clochers ,souvent à leurs pieds . Les deux étant de moins en moins fréquentés, voir désacralisés !
        Tiens bon, cap sur les 2000 km.
        Entendu sur France-inter ce matin « il vaut mieux marcher seul qu’avec des amis car à la fin du voyage , tu t’en serais fait des ennemis  » ou quelque chose comme celà .
        Selon Jacques Lanzmann ( passionné de marche) ou Stevenson ?
        Ce qui est sûr pour J.Lanzmann c’est sa devise : « Si tu veux te trouver, commence par te perdre » .
        En ce qui me concerne je me trouve aux thermes d’Allevard !
        A bientôt , bonne route .

  4. Bonjour Bernard,
    On adore ton parcours et ton journal de voyage.
    On apprécie Joseph et sa manière de vivre , ( soixante huit tard après l’heure ou nouvel idéalisme) ( de plus en plus de jeunes pensent comme lui ) ( c’est peut être un peu tard pour les vieux …… cons ……du mal à changer)
    Les photos de paysages nous donnent envie de voyager,les photos d’églises fortifiées aussi ,et l.idee des photos de clocher comme signalement de passage est super.
    Il ne nous reste plus qu’à nous faire pousser des ailes pour aller voir tout cela.
    Ta solution de le faire à pied est certainement beaucoup plus rationnelle.
    Mais à propos, qu’en est t il de l’état de tes chaussures ,? Et les ampoules? Aucune ampoule aux pieds ? 960 km à pied ça use !ça use ! 960 km à pied ça use les souliers!
    En attendant tes prochains écrits on pense à toi , on t’embrasse !

    ( on t’avoue que l’on raconte avec fierté qu’on a un pote qui a le courage de faire le tour de France à pied et on n’hésite pas à leur devoiler l’adresse de semelles et cailloux ………)

    Dominique et Jean-louis

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