A François

Dès que mon projet de Tour de France à pied par les GR a pris forme, j’en ai parlé à mon pote François. On avait toujours des foules de choses à se raconter lors de nos petits cafés du lundi matin, mais là, y’avait de la matière. La première mouture de mon itinéraire me menait dans le sens des aiguilles d’une montre, Vosges, Jura, Alpes……Pyrénées…….Normandie………Paris. Et François de me dire, et me redire, je suis sûr que c’est possible dans l’autre sens. Et moi de lui dire, et lui redire, non, j’ai tout calculé, c’est impossible. Et puis l’idée de partir de Nancy pour arriver à Paris a cédé le pas au projet tel qu’il est de Nancy à Nancy, et là, c’était possible de tourner dans les sens contraire des aiguilles d’une montre. Content, il était content François, aller, tope là camarade.

Je lui avais également dit que je voulais prendre systématiquement une photo, quel que soit l’endroit où je me trouverais, intéressant ou pas, à heures fixes, en l’occurrence à 10H, 12H, 14H, 16H, 18H. L’idée est d’avoir des moments de France quelle que soit la météo  et la saison. Une photo à 12H dans les Vosges en mai, ce n’est pas la même chose qu’une photo en Bretagne en novembre. Ouais, d’accord me disait-il, mais tu devrais trouver autre chose, pas à la place, mais en plus. Un truc qui existe partout, mais qui est partout différent, ou pas. Lui qui prenait beaucoup de photos, il avait le goût du détail insolite, pris en gros plan, hors contexte, et qui prenait tout son sens par lui même.

Lors de mes premières étapes, pensant à François, je cherchais quel contenu mettre dans sa suggestion. Je voulais du simple, de l’accessible, pas le truc qui t’oblige à faire un détour ou traverser un village juste pour photographier la Mairie par exemple. Alors je me suis mis à photographier les panneaux d’entrée ou de sortie de commune, beaux symboles de la règlementite aigüe de notre cher pays, puisque le modèle est unique, Code de la Route oblige.

Je me suis rapidement lassé, d’autant que souvent le GR arrive dans un village sans passer par la case « panneau ». Et puis l’étincelle s’est faite dans ma tête, tout à coup j’ai vu ce qui est l’évidence, ce qui fait la France, les clochers. Bon Dieu mais c’est bien sûr, dans chaque village un clocher, donc chaque village identique de ce point de vue, mais chaque clocher est différent. Désormais je photographie chaque clocher, et à chaque clocher je pense à mon pote François. Je suis certain que l’idée lui aurait plu, même s’il m’aurait dit, oui….mais tu pourrais….

9 réponses sur “A François”

  1. Très bonne idée Bernard que de photographier les clochers, aucun ne se ressemble, ainsi dans mon village, nous avons un clocher franc comtois, toiture en tuiles de couleurs différentes et vernissées et pourquoi ce privilège? Car notre territoire était rattaché au dix septième siècle à la Bourgogne. Et dire que les populations locales participaient au financement de la construction de ces édifices que sont les églises, aujourd’hui, disproportionnées par rapport au nombre d’âmes du lieu. À une autre visite Bernard.

  2. Oui effectivement il aurait rajouter , oui mais tu pourrais …
    Tu sais il était très fière du projet de son « pote » et je peux te dire que nous avions prévu de te rejoindre quelque part ….

  3. Je trouve cette idée des clochers génial en plus nous découvrons les différentes architectures. Merci de ce partage.

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