Et moi, et moi…..émoi….


Le Tour de France à pied par les GR, c’est maintenant 22 étapes et 500Kms parcourus. Reste donc 343 étapes, et pour les kilomètres, on comptera plus tard…

De Thann à Vittel, ce fut une belle semaine, parceque vosgienne, mais aussi assez fatigante, parceque vosgienne. D’autant que la semaine précédente, j’avais déjà aligné quelques dénivelés. Mais le GR5 du Donon au Ballon d’Alsace, c’est une partie de mon itinéraire que je rêvais de faire depuis longtemps, bien avant d’imaginer cette aventure de randonnée au long cours. Question météo, j’ai eu droit à toute la palette que savent offrir les Vosges, du gris, du très gris, du pluvieux, du trèèèèès pluvieux, mais aussi des vues magnifiques sous le soleil qui peut aussi être radieux et chaud. Et même la traversée de la Vôge, la plaine boisée au sud du département, là où la Saône prend sa source, fut l’occasion de belles découvertes dans une région de Lorraine chargée d’un passé riches de verreries, de forges…. Là aussi, c’est notre grand Roi Stanislas qui fut l’initiateur de maintes implantations. Bienfaisant le Stanislas , on avait bien fait de lui donner le Duché de Lorraine ( pour ceux qui suivent, je rappelle que je suis partie de sa place nancéienne ). Question compagnons randonneurs, après un bilan positif mais maigre précédemment, je suis rentré avec le passage au GR7 à un cheminement solitaire. Depuis le Ballon d’Alsace jusqu’à Remiremont , puis de là jusqu’à Vittel, personne sur le chemin, ce qui n’est pas en soi un imprévu mais qu’il faut gérer. Heureusement, il y eut aussi de belles rencontres à certaines étapes , parfois étonnantes.

Il était un petit navire…… 

qui naviguait sur le Canal de l’Est, et au-delà. Jusque-là rien que de très banal, car désormais sur nos canaux, plus de touristes en week-end ou au long cours que de péniches. J’ai rencontré le capitaine et sa matelote le soir à l’Auberge des 7 Pécheurs à Méloménil. On se parle, on se présente, lui c’est John, elle c’est Jane, moi je fais le tour de France à pied, ah, c’est super, et vous, nous on visite la France pendant 5 mois par les canaux sur notre péniche, ah, c’est super, et vous venez d’où, d’Australie, non, si, c’est la deuxième année que l’on fait cela, ouah, vous avez un super boulot pour partir ainsi 6 mois par an, ben en fait on est boulangers, vous êtes salariés alors, ben non c’est notre propre business, on a ouvert une boulangerie il y a 2 ans dans un village de 1000 habitants, le plus proche est à 80kms, alors on gagne l’argent, on ferme, on part, on revient pour rouvrir, et les clients alors, ben  ils sont contents puisqu’on rouvre la seule boulangerie du village et en plus on rapporte des nouvelles recettes glanées en France, donc le business augmente, génial votre truc et y’a longtemps que vous êtes boulanger, non 2 ans, vous avez appris en France, non j’ai fait un stage de boulangerie artisanale en Californie. Sur ce on se salue, on s’embrasse, et le lendemain on se retrouve pour un dernier signe à l’écluse des Forges d’Uzemain.

…….Méloménil, encore

quelques jours avant cette étape, Mr B. m’avait contacté via ce blog pour me demander à quelle heure je pensais arriver à Méloménil, tout en me laissant son numéro de tel. Je l’appelle donc, il avait vu l’article du samedi 13 mai dans l’Est Républicain, il voulait me rencontrer. J’avoue que je croyais assez moyennement à cette histoire. J’avais tort, il faut faire confiance aux Vosgiens. Arrivant sur le parking de l’Auberge vers 17H30, une voiture arrive derrière moi, s »arrête à ma hauteur, et par la fenêtre le conducteur me dit : « c’est vous Mr Bernard? ». Présentations, il était avec son épouse, photo pour le blog de la Vôge, je vous offre une bière, on discute, c’est un alerte nonagénaire hyperactif, il connaît tout le monde dans l’auberge, et quand il ne les connaît pas, il connaît leur frère, leur cousin, leur tante. Une rencontre épatante avec des gens qui font tout pour faire vivre leur coin de Vosges. On finit par se quitter, non pas tout de suite, Mr B est intarissable, allez on y va, ah mais au fait on a quelque chose pour vous, et Mme B m’offre un cake entier dont je finis seulement les dernières tranches.

Le pire accueil 

après Méloménil, il y avait 32kms pour arriver à Thiétry où s’est installé il y a plus de 10 ans « Ecolonie ». Une implantation écolo-bio-new age, ce qui en soi se respecte, mais où , si vous êtes Français, ce qui a priori est mon cas, vous êtes livré à l’expérience amère de se sentir un étranger dans votre propre pays. Les managers, le staff, les clients sont tous, je dis bien tous, Hollandais, et aucun ne parle français, ni ne vous adresse la parole, même en anglais. J’ai même dû quémander pour pouvoir dîner, car je n’avais pas, entorse à la règle de ce phalanstère moderne, réservé préalablement. Sont fous ces Hollandais! Pas tous, mais ceux-là!!

Premières rencontres….

 



 


Ce Tour de France à pied il faut le faire éclore.

De Barr à Thann, 7 jours et 140 Kms, déjà, ou seulement 14 étapes, plus que 351. De la plaine d’Alsace aux hautes chaumes des Vosges, du soleil, un peu, des nuages, beaucoup, de la pluie, en petites, grosses et très grosses gouttes. Sur cette partie du parcours, le balisage du Club Vosgien est parfait, un grand merci à tous les baliseurs  bénévoles.

Parler, échanger…….

avec Christian au Refuge du Gruckert, où je me suis arrêté par hasard, pour une pause sandwich, parceque c’était l’heure, que le temps était humide. Le chalet appartient aux Amis de la Nature, association plus que centenaire, et le chalet est géré et entretenu uniquement par des bénévoles, comme Christian et son épouse Sophie. Les Amis de la Nature ont été créés  en Autriche à la fin du XIXème, puis ont essaimé en Allemagne, et donc en Alsace pendant la période d’annexion. C’était à l’origine, et encore aujourd’hui, une organisation à vocation sociale permettant aux ouvriers de profiter dans de bonnes conditions de la nature et de loisirs peu onéreux. Ils sont restés très longtemps, et jusqu’à peu encore, en forte opposition avec le Club Vosgien qui était lui l’émanation de la bourgeoisie qui goûtait aux premières joies du tourisme. Il existe une vingtaine de chalets des Amis de la Nature en Alsace, et qui sont ouverts à tous.

avec Marie-Claude et Louis, autour de la table du petit-déjeuner de leur gîte l’Ecureuil à Aubure. Ah! Louis et son village, intarissable sur le sujet, sur cette maison où il est né et qui a vu défiler tant et tant de randonneurs, auxquels Marie-Claude a servi tant et tant de repas et de verres du temps où le gite était aussi un café-restaurant. Les regrets  que personne ne reprenne la suite, même s’ils espèrent encore, et que c’est pour cela qu’ils continuent à entretenir une petite activité, mais que bon pas d’illusions, le village se vide, mais que pourquoi pas, çà pourrait  repartir, n’est-ce pas. Aubure était  un village florissant, le plus haut village  d’Alsace à 800m, et qui a compté  jusqu’à cinq sanatorium et maisons de repos. Un village très ancien, entièrement détruit et vidé de ses habitantqs à la guerre de Trente Ans, d’abord repeuplé par des colons suisses, protestants et germanophones , le village du bas, puis par des catholiques, le village du haut, les deux séparés, on se croise, on se parle mais on ne se mélange pas. Curiosité de l’histoire de ces régions tourmentées, le presbytère catholique a toujours, depuis des siècles, dépendu de l’Evêché de Toul, donc de la France. Bon, Louis, arrêtez, j’ai de la route à faire!

avec Gerar, Paul, Jean-Marie, Pierre, Alain, Fabien, Olivier.

Gerar, je l’ai rencontré sur le chemin à la sortie d’Aubure, un « walking Dutchman », un Hollandais qui a fait le tour d’Europe à pied, traversé la France à vélo avec son épouse, laqulle maintenant ne marche plus avec lui mais l’accompagne, et visite les alentours …en voiture. Il allait jusqu’au Bonhomme, moi aussi, nous avons passé la journée ensemble. Il m’a fait découvrir Géo Caching, cette chasse au trésor mondiale, qui consiste à découvrir une boite dissimulée sous un tronc ou derrière un rocher, géolocalisée sur le site internet et sur  les GPS, à inscrire son nom et la date de passage. Inutile, merveilleusement inutile! Si vous voulez en savoir plus Https://geocaching.com

Avec Paul et Jean-Marie, nous sommes montés depuis le Bonhomme jusqu’à l’Etang du Devin, et nous avons passé la soirée autour de la même table. Pierre et Alain, partis de bonne heure depuis le-dit Étang, je les ai rejoints au Refuge CAF des Trois-Fours où nous avons beaucoup parlé agriculture raisonnée. Si, si ..!!!! (Je fais sans doute sourire ceux qui me connaissent). Fabien et Olivier, ils prenaient le soleil devant leur tente étendue pour sécher, ils m’ont proposé de me faire un café, ils ont la bonnr idée d’être aussi nancéiens, on a marché l’après-midi ensemble, je les ai retrouvés par hasard le lendemain matin sur la route du Grand Ballon que l’on a atteint trempés, et hop, salut, c’était sympa, bonne continuation, bonne fin de week-end.

Rencontre avec l’histoire aussi…..

au Hartmannswillerkopf, ou Vieil Armand, au-dessus de Thann. Là, pendant la Grande Guerre, les Français et les Allemands se sont livrés une bataille féroce pour le contrôle des crêtes qui dominent la plaine d’Alsace. Des bombardements, des assauts, des tranchées, des bunkers, des corps-à-corps, plus de 30 000 soldats des deux camps y ont laissé la vie en 1915 et 1916. Pour quelques mètres, pris, perdus, repris….Pour rien.

Top accueil

Cette semaine, le Top va à Thérèse de la Résidence l’Etang du Devin. Un lieu privilégié avec une vue magnifique, une hôtesse attentive et généreuse.

Et toujours…..

les visages sur la Page Facebook et les photos de 10H 12H 14H 16H 18H sur Instagram  ( les liens sont sur la droite)

Premiers pas……


Ces premièrs pas de mon Tour de France à pied par les GR ont un air de fête. Ce Dimanche 30 avril, ils sont nombreux à avoir repondu à mon


invitation à venir partager le café de l’amitié au Jean Lam, Place Stanislas. Marion, ma famille avec mon petit-fils en tête bien sûr, Francis, Marc, Muriel, Dominique, Jacques, Tic et Tac qui m’offrent un porte-bonheur familial et dédicacé, Laetitia, Philippe, Thierry, Nicolas, Matthieu, Robin…et tous les autres que je ne peux citer, amis du vendredi ou du lundi.

1OH tapantes, chez les Goldo l’heure c’est l’heure, nous partîmes à 30,  sous le regard bienveillant de Stanislas, vers la Porte Ste Catherine, dont mon fils, ma fille ET mon petit-fils Noah me tenant tendrement la main. De là, à l’inverse du Cid, nous fûmes 8 jusqu’à Seichamps où Nathan, Francis et Jacques , Daniel à StMax, firent leurs adieux. Nous étions 4 à parvenir à Amance , pour une pause casse-croûte sous un grand cèdre. Je sais que Rachel aurait voulu m’accompagner encore, mais je suis certain que ce n’est que partie remise. La fière armée était réduite à 2, un Général si vous voyez…et un fidèle soldat, Romain, prêt au sacrifice jusqu’à Bioncourt. Cette première bataille fut recomponsée par l’accueil chaleureux de Marie-Paule au Clos des Pommes…et par une bonne bière.


Lundi 1er mai, j’ai défilé seul dans la campagne lorraine, où après Gremecey j’ai eu l’occasion de pester contre le balisage défaillant; normal, on est en Moselle ( pardonnez au nancéien que je suis amis du 57). La soirée en solitaire dans le gîte communal de 40 lits de Blanche-Eglise m’a permis de tester ma playlist musicale. Mardi 2 mai, j’ai de nouveau pu éprouver le balisage aléatoire qui de détour en retour n’use pas que les souliers. C’est le métier qui rentre. Heureusement, l’arrivée à Rhodes, au bord de l’étang du Stock, était un enchantement.

Mercredi 3 mai, journée plate, relief comme le reste. Et ventre creux, car le point de ravitaillement à Gondrexange n’existe plus. Cette France qui se désertifie, pas un mythe. Un éclair dans la grisaille, la rencontre avec Nico au bord du canal de la Marne au Rhin.Il est parti de Troyes pour un périple de 2500 Kms sur un drôle d’engin qui pèse chargé 70 Kgs; et il compte traverser les Alpes jusqu’àTurin et faire le Ventoux! Sont fous ces jeunes!! Gros avantage de cette étape jusqu’à St Quirin, c’est q’il s’est mis à tomber des cordes et que j’ai pu ainsi tester l’imperméabilité des vêtements que m’à conseillés Samuel de Grandeur Nature à Nancy.

Jeudi 4 et vendredi 5, les premiers dénivelés avec la montée au col du Donon, puis le Champ du Feu.Les Vosges, enfin! Ça ne se commente pa, ça se vit.

Je ne peux manquer d’évoquer avec émotion et recueillement le passage au camp du Struthof. Seul camp de concentration sur le territoire de ce qui n’était plus la République.
Lieu de mémoire, lieu d’Histoire où j’ai croisé 4 ou 5 classes de 3ème venant de Besançon, encadrés par leurs profs d’Histoire.
Pensées pour les milliers d’hommes passés ici, aux vies brisées, aux vies enlevées. Émotion pour les 83 juifs, hommes et femmes, gazés dans une petite ferme en contrebas.
En repartant, je me suis surpris à fredonner
 » ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent, nus et maigres tremblant…… »

Samedi 6 mai, de la Serva à Barr, il pleut, il pleut. La matinée a été agrémentée par la rencontrer d’un groupe de lunevillois super sympas. Ils font partie du Club subaquatique de Lunevile, avec le temps ils étaient vernis. Un bon café au Mont Ste Odile, haut-lieu de la spiritualité en Alsace, et c’est la descente vers Barr. Noëlle Bachert, viticultrice de son état, m’accueille avec un  » tiens voilà mon randonneur « .

Voilà, les 7 premiers jours sont bouclés, les 160 premiers kilomètres. Plus que 358 étapes. Et pour ce premier article, rien de tel qu’un petit verre d’Alsace

Top accueil

Incontestablement, le top accueil de ces 7 premières étapes, c’est Marie-Paule et Claude Rambourg du  » Clos des Pommes  » à Bioncourt. Une bonne bière à l’arrivée, une chambre très confortable, un bon dîner, et surtout une attention et des échanges, tant sur mon projet que sur leur vie d’hôtes ( ils ont des clients du monde entier, merci internet ). Enfin, une générosité tarifaire que je n’avais même as sollicitée.

Rappels

  • Sur ma Page Facebook Semelles et Cailloux je publie un post quasi chaque soir. Revenant aux origines de FB, des photos de mes rencontres, des visages, encore des visages…
  • Instagram semellesetcailloux : les photos de la France en chemin prises à 10H, 12H, 14H, 16H,18H